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Emploi

Salariés intérimaires : quels droits concernant les jours fériés

Orégane• 28/10/2026 07:30• 9 min de lecture
Salariés intérimaires : quels droits concernant les jours fériés

Identifier les notions importantes

  • Jours fériés : Les intérimaires bénéficient du maintien de salaire les jours fériés s’ils travaillent dans l’entreprise ce jour-là, comme les salariés permanents.
  • Égalité de traitement : Le droit au salaire maintenu s’applique sans distinction de statut, sous réserve de présence effective lors de la mission.
  • Rémunération intérimaires : Aucune ancienneté n’est requise pour percevoir le salaire d’un jour férié, dès le premier jour de mission.
  • 1er mai : Ce jour est obligatoirement chômé et payé, avec une majoration de 100 % si travail, même pour les intérimaires.
  • Majoration salaire jour férié : Hors 1er mai, les majorations dépendent des accords d’entreprise ou de branche, pas d’une obligation légale générale.

Autrefois, le travail temporaire évoquait une précarité sans filet, une activité de repli sans droits bien définis. Aujourd’hui, la réalité est tout autre : le cadre juridique entoure les intérimaires de protections solides, alignées sur celles des salariés en contrat direct. Pourtant, nombre d’entre eux ignorent encore leurs garanties fondamentales, notamment en matière de jours fériés. Décryptons les règles qui encadrent leur rémunération lors de ces dates marquées d’un rond rouge sur le calendrier.

Conditions de rémunération des jours fériés en intérim

Salariés intérimaires : quels droits concernant les jours fériés

Le principe d'égalité de traitement avec les permanents

Le droit applicable aux intérimaires en matière de jours fériés repose sur un pilier essentiel : l’égalité de traitement. Si les salariés permanents de l’entreprise utilisatrice bénéficient du maintien de salaire lors d’un jour férié, l’intérimaire en mission au sein de cette même structure a exactement le même droit. Cette règle, inscrite dans le Code du travail, s’applique quel que soit le secteur d’activité ou la durée de la mission. Il n’y a pas de distinction fondée sur le statut contractuel, pourvu que la personne soit présente sur site ce jour-là.

Pour bien comprendre ses bulletins de paie, il est essentiel de se renseigner sur la gestion de la rémunération concernant les jours fériés en intérim. Ce droit au maintien de salaire ne dépend pas du nombre d’heures effectuées précédemment, ni de la nature du contrat, mais uniquement de la présence effective ou de l’obligation de se tenir à disposition.

L'absence de condition d'ancienneté légale

Contrairement à une idée répandue, il n’existe aucune condition d’ancienneté pour bénéficier du paiement d’un jour férié en intérim. Dès le premier jour de mission, l’intérimaire entre pleinement dans le champ des protections sociales et salariales prévues par la loi. Si un jour férié tombe pendant une période de travail, le salaire est maintenu, à l’instar de ce qui se fait pour les CDI.

Ce mécanisme s’inscrit dans une logique de sécurisation du parcours professionnel. Il garantit une certaine stabilité financière, même pour des missions courtes. C’est d’ailleurs dans cette optique que les intérimaires bénéficient d’une indemnité de fin de mission (IFM) équivalente à 10 % de la rémunération totale, sauf exceptions prévues par la convention collective.

Le cas particulier du 1er mai

Le 1er mai, Fête du Travail, occupe une place singulière dans le calendrier social. Contrairement aux autres jours fériés, il est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, y compris les intérimaires. Travailler ce jour-là n’est autorisé que dans des secteurs spécifiques (hôpitaux, transports, hôtellerie, etc.) et doit faire l’objet d’une compensation salariale.

En cas de travail, la rémunération bénéficie d’une majoration de 100 % par rapport au taux horaire habituel, conformément aux dispositions légales. Ce principe s’applique sans exception, quels que soient la branche ou le contrat. Il s’agit d’une garantie forte du Code du travail, destinée à respecter la symbolique de cette journée.

Tableau récapitulatif des situations de travail et de repos

🗓️ Situation💰 Impact sur le salaire📄 Obligation légale
Jour férié chôméMaintien du salaire de base (si le jour est habituellement travaillé)Oui, si les permanents en bénéficient
Jour férié travailléMajoration possible selon accord d’entreprise ou de brancheNon obligatoire, sauf le 1er mai
Pont offertChômage et maintien de salaire si accord d’entrepriseNon, mais usuel dans certaines entreprises

Travailler un jour férié : majorations et ponts

La règle des majorations de salaire

Travailler un jour férié ne débouche pas systématiquement sur une majoration de salaire. La loi ne l’impose que pour le 1er mai. Pour les autres dates, comme le 14 juillet ou le 11 novembre, c’est aux accords d’entreprise ou de branche de fixer les conditions. Certains secteurs prévoient une majoration de 25 %, d’autres un jour de récupération, d’autres encore aucune compensation particulière.

Il est donc crucial, pour tout intérimaire, de connaître les usages propres à son secteur d’activité. Le respect des conventions collectives joue ici un rôle central. En l’absence de dispositions spécifiques, le salarié est simplement rémunéré à son taux horaire habituel, sans surcoût ni compensation.

Gestion des ponts et jours de solidarité

Le pont, cette journée intercalée entre un jour férié et un week-end, n’a pas de statut légal. Son application dépend entièrement de l’entreprise utilisatrice. Si celle-ci ferme ses portes, l’intérimaire bénéficie du même maintien de rémunération que les salariés permanents. En revanche, si l’activité se poursuit, la journée est travaillée sans droit particulier.

Quant au jour de solidarité, instauré pour financer l’aide aux personnes âgées, il peut être imposé aux salariés, y compris intérimaires, dans certaines conditions. Il ne s’agit pas d’un jour férié, mais d’une journée de travail supplémentaire non rémunérée, ou compensée par un jour de congé. Son application varie selon les accords internes, mais doit être clairement mentionnée dans le contrat de mission.

Questions classiques

Que se passe-t-il si mon contrat s'arrête la veille d'un jour férié ?

Le droit au paiement d’un jour férié est strictement lié à la présence effective lors de la mission. Si le contrat prend fin avant la date du jour férié, l’intérimaire n’a pas droit au maintien de salaire, même si le jour est habituellement chômé dans l’entreprise. L’obligation de paiement cesse avec la fin du contrat.

Puis-je refuser de travailler un jour férié si ma mission le prévoit ?

Non, sauf dans des cas spécifiques. Le refus de travailler un jour férié peut être considéré comme une faute, sauf si le contrat ne prévoit pas initialement de travail ce jour-là ou si des conditions de sécurité sont compromises. Le droit de retrait s’applique uniquement en cas de danger imminent, pas pour un simple refus d’horaire.

Le télétravail change-t-il la donne pour les fériés en 2026 ?

Non. Le statut de salarié en télétravail, même intérimaire, ne modifie pas les règles relatives aux jours fériés. Le maintien de salaire s’applique selon les mêmes principes : présence sur la mission et alignement sur le traitement des permanents. La distance n’altère pas les droits fondamentaux.

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